Un modèle de char de l'armée burkinabè stationné à Ouagadougou suite au putsch du 15 septembre 2015.(Photo d'archives)

Burkina Faso :à quand les premiers jugements terroristes ?

EDITORIAL

Le Burkina Faso qui était resté à l’abri des attaques terroristes dans la bande sahélo-sahélienne,a basculé dans les zones cibles des incursions terroristes à partir d’avril 2015.Ainsi après Samoroguan dans la région ouest du pays,le terrorisme s’est intensifié dans la partie nord avant de créer le désarroi dans le centre ,précisément à Ouagadougou,la capitale par l’attaque de l’Hôtel Splendid et du restaurant capuccino aux abords de l’avenue Kwamé N’Krumah le 15 janvier 2015.Les Forces de Défense et de Sécurité(FDS) qui avaient été surprises par l’irruption subite et ondoyante des terroristes sur le territoire, ont éprouvé quelques difficultés pour s’adapter à cette guerre asymétrique.Cette difficulté ne pouvait qu’être passagère eu égard à la réputation des hommes de tenue du Burkina qui ont assuré avec brio des missions de maintien de paix dans plusieurs pays africains sous le mandat des casques bleus onusiens.

Dans la nuit du 22 au 23 mars 2017,le sieur Harouna Dicko a été tué suite à la riposte vigoureuse des FDS dans la région du Sahel près de la ville de Djibo. Dix huit(18) disciples de ce Burkinabè radicalisé dans le terrorisme ont été mis aux arrêts pendant que le chef de file de cette bande de criminels,Malam Dicko est toujours recherché par les services de sécurité.A la date de mars 2017,70 personnes avaient perdu la vie au Burkina du fait des attaques terroristes.La riposte qui est allée crescendo ,a permis la neutralisation d’une vingtaine de terroristes en avril 2017 à travers l’opération Panga conjointement menée par des forces armées du Burkina,du Mali et de la France(Barkhane).Près d’une centaine de présumés terroristes ont été capturés au Burkina dont, certains se sont vu obliger d’opter pour la reddition. Avec ces multiples arrestations,les conditions sont  vraisemblablement réunies pour la tenue des premiers procès terroristes au Burkina Faso.L’avantage de tels jugements,réside dans le fait qu’il pourrait permettre de mieux situer les causes des attaques terroristes ainsi que les réseaux de financement du terrorisme.Dans l’expectative d’un tel procès qui s’inscrira dans l’histoire du Burkina,quelques pistes présentées par le ministre burkinabè de la sécurité ,Simon Compaoré lors du bilan de la riposte des 22 et 23 mars 2017 ,sembleraient entre autres ,comme des mobiles de ces attaques .

L’extrait de ce réquisitoire ainsi qu’il suit,constitue une piste à explorer pour la manifestation de la vérité sur ce drame terroriste qui  a endeuillé de nombreux Burkinabè. :« la fragilisation du contexte sécuritaire régional avec les conflits armés et les crises sociopolitiques en Libye et au Mali depuis 2012 qui ont créé les conditions favorables à l’expansion de groupes terroristes dans le Sahel.Le retour de Burkinabé des terres de djihad notamment du nord Mali, avec un appel à s’en prendre aux occidentaux, à leurs intérêts et aux dits « croisés ». La radicalisation et l’endoctrinement de certaines franges de la population exposées à la pauvreté, la précarité, l’ignorance et l’analphabétisme .L’illusion de revendications d’espaces identitaires ,tels le Macina et Djegodji ou d’autodétermination de certains groupes ethnico-religieux.Le lourd héritage de l’ancien régime qui avait pactisé avec certains groupes à travers des compromissions ou des compromis pour être à l’abri (trafics illégaux, traitement des rançons des prises d’otages, bases arrières pour certains groupes armés, etc…).Créer une zone de non droit favorable aux trafics illicites» .Avoir plus de visibilité auprès de l’état islamique (EI) ou AQMI pour bénéficier du soutien logistique et des moyens financiers de ces derniers» .Acquérir de l’armement et moyens roulants pour renforcer leur logistique.Instaurer la Charia dans les limites de leur Katibat ou futurs Kalifa».

               Les procès du terrorisme au Burkina Faso ne devraient pas susciter la polémique à l’instar d’autres jugements qui ressemblent à un labyrinthe où l’on s’accuse de part et d’autre et s’embourbe dans des procédures judiciaires sinueuses.Les procès terroristes devraient être plutôt salués par la quasi-totalité des citoyens burkinabè sauf ceux qui auront pactisé avec les diables de cette guerre asymétrique.Il serait également difficile que des avocats accourent pour plaider la cause des terroristes au risque d’être eux-mêmes qualifiés d’avocats du diable ou terroristes.Le cas de figure d’avocats commis d’office pourrait être envisageable.Alors,à quand les premiers jugements terroristes au Burkina Faso ?

  Laborpresse.net                  19 Mai 2017

 

 

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