25/10/2014
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Eddie Komboïgo,député CDP:«  Il faut privilégier la force de l’argument à l’argument de la force »

Eddie Komboïgo,député CDP:« Il faut privilégier la force de l’argument à l’argument de la force »

 

      Monsieur  Eddie Komboïgo, nouvellement élu député du parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) dans la province du Passoré, chef lieu Yako, est expert-comptable de formation. Il a décidé de mettre sa compétence au service de l’Assemblée nationale dans l’optique de contribuer à l’examen et au vote de textes de lois pertinents qui répondent aux aspirations des populations. Avec un ton pondéré, il préconise que la violence soit  évitée pour des questions électorales. Pour lui, il faut toujours privilégier la force de l’argument à l’argument de la force. Spécialiste des finances, il analyse les impacts de la crise financière internationale sur l’Afrique moins bénéficiaire que l’Asie.

            

             Vous êtes un expert comptable de grande renommée .Qu’est ce qui vous a donc motivé à vous investir dans la politique active par votre élection comme député du parti au pouvoir (CDP) aux législatives du 02 décembre 2012 dans la province du Passoré ?

 

Eddie Komboïgo : Après 19 années d’expérience dans le domaine de l’expertise comptable et dans l’enseignement universitaire, nous pensons pouvoir à présent  apporter notre contribution à l’Assemblée nationale pour l’examen et l’adoption des textes de lois qui répondent aux aspirations des populations ainsi qu’à celles du monde des affaires. Nous pensons donc qu’il est temps de mettre notre expérience au service de l’Assemblée Nationale. Notre engagement au sein du CDP s’explique par le fait qu’il s’agit d’un parti qui a un programme cohérent de développement avec une idéologie qui a une vision libérale  guidée par l’interventionnisme de l’Etat pour que les richesses du pays soient redistribuées à une large couche de la population. Une idéologie à laquelle nous adhérons parfaitement. Etant ressortissant du Passoré, notre candidature a été suscitée dans la province et entérinée par le secrétariat exécutif national du CDP. C’est l’occasion pour nous de remercier les populations du Passoré qui se sont mobilisées pour la victoire du CDP. Nous saluons également ceux qui  ne nous ont pas votés et leur demandons de  nous juger selon notre action future pour mieux se convaincre de voter utilement et massivement pour le CDP dans les 5 années à venir.

            Dans la province du Passoré, un contentieux électoral opposait votre parti à celui de l’UNIR/PS de l’opposition qui s’insurgeait contre un vol de sa victoire dans la commune de Téma-Bokin. Il s’en est suivi des échauffourées et le conseil d’Etat a débouté l’UNIR/PS de sa plainte. Quelle lecture faites-vous de ces événements ?

       Il est regrettable de constater que nos frères et sœurs de la région se livrent à des violences verbales et physiques pour des raisons électorales. Lors de nos meetings, nous n’avons eu de cesse de demander le calme, la tolérance entre les populations en dépit  de la différence de leurs opinions et orientations politiques. Malheureusement, nos militants ont  été agressés et la presse en a fait échos largement. Notre action s’inscrit dans la logique de demander aux populations d’œuvrer à construire la paix au Passoré comme partout au Burkina. Pour des questions électorales, il faut éviter la violence. Nous demandons également à l’UNIR/PS de partager cette même philosophie de la paix et de la tolérance auprès de ses militants .Il faut privilégier la force de l’argument à l’argument de la force. L’UNIR/PS a déposé des plaintes au tribunal administratif  de Yako puis au conseil d’Etat pour contester les résultats à Téma-Bokin mais il a été doublement débouté de ses plaintes. Ce sont des arguments juridiques objectifs qui ont été opposés à l’UNIR/PS. Le système d’organisation des élections avec la biométrie est tel que les risques de fraudes sont réduits. Les procès verbaux des élections sont vérifiés et signés en présence des représentants des partis en compétition. Je ne dis pas qu’il y’a un risque zéro de fraude. Ce sont les mêmes chiffres de résultats qui ont été relevés par la CENI, le CDP, l’UNIR/PS. Quand on parle de vol de victoire, je ne sais plus qui a volé qui. Rien n’a été changé. A Téma –Bokin, le CDP a 41 conseillers municipaux contre 40 pour l’UNIR/PS. Comme la différence n’est pas grande, d’aucuns ont cru qu’en faisant de l’agitation, il serait possible de récupérer quelques voix et un conseiller de plus. Mais ce fut une tempête dans un verre d’eau. Nous avons travaillé à ramener le calme de même que la police a joué un rôle salutaire dans ce sens. L’UNIR/PS a géré la mairie de Téma-Bokin depuis les 5 ou 6 dernières années avec le respect du CDP. Maintenant, les Populations de Bokin ont décidé de confier la gestion de leur Commune au CDP. Où est le problème ? Je ne comprends pas qu’un parti politique qui prône l’alternance tous les jours, refuse lui-même de céder le pouvoir quand il perd !!!  Nous demandons à tous de respecter les décisions de la justice, pour un apaisement des esprits et  pour la bonne marche de la cité au profit de tous, car ce sont là, les règles de la démocratie.

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                                     Eddie Komboïgo, député CDP, chevalier de l’ordre national

                         «  Il faut privilégier la force de l’argument à l’argument de la force »      

L’UPC, le parti  qui occupe la première place au sein de l’opposition au sortir des élections législatives et municipales couplées du 02 décembre 2012 est en train d’opérer une percée politique qui aurait donné des sueurs froides à votre parti le CDP. Le CDP a –t-il peur de perdre éventuellement la majorité pour l’UPC qui promet des jugements pour des dignitaires du CDP s’il parvenait au pouvoir ?  

(Rires) .Il faut relativiser cela. La percée de l’UPC  peut paraître assez importante en termes d’élus aux législatives pour ce parti qui a obtenu 19 députés. Insinuer que ce score peut apeurer le CDP, c’est faire une mauvaise lecture des faits. Le mode de scrutin : « Le plus fort reste » qui a été voulu par notre pays  donne un avantage électoral réel  à petits partis pourvu qu’ils soient un peu bien organisés. Pendant que nos députés CDP sont élus avec plus de 30.000 voix, ceux de l’UPC oscillent entre 4.000 et 7.000 voix. Sur la liste  nationale, le CDP a remporté 9 sièges sur 15 avec un taux important pendant que les autres partis sont loin derrière. La majorité absolue est toujours assurée par le CDP. Donc, nous ne sommes nullement apeurés par l’UPC qui a ses idées et nous, les nôtres. Nous souhaitons la bienvenue à l’UPC à l’hémicycle pour que nous puissions travailler en bonne intelligence sans agression pour voter des lois utiles et pertinentes pour notre pays.

             Vous êtes président du club franco-burkinabè des hommes d’affaires. Comment analysez-vous l’impact de la crise financière internationale en termes d’impacts pour les pays du sud ?

       La crise de 2008 jusqu’à 2010 que nous avons connue a toujours des impacts sur le plan des investissements. Dans les pays d’Europe et d’Amériques, l’investissement s’est quasiment arrêté. Il y’a eu beaucoup de délocalisations d’unités industrielles  européennes et américaines en Asie. Nous aurions pu bénéficier de ces délocalisations. Malheureusement, nous n’avons suffisamment pas de compétences techniques et nos coûts des facteurs de production comme l’énergie, les transports etc. ne sont pas assez compétitifs par rapport aux Pays d’Asie (Chine, Indes, Indonésie, Japons, Pakistan…). Malgré nos efforts de reformes, nous n‘avons toujours pas une fiscalité attrayante. Je crois que cette crise a beaucoup plus bénéficié à l’Asie qu’à  l’Afrique. Mais je crois aussi que l’Afrique est en train de préparer le terrain pour accueillir des investisseurs européens et américains en mettant en place un environnement juridique et judiciaire qui rassure les investisseurs. Cette réforme a été entreprise au Burkina Faso depuis 2010 et se poursuit encore avec l’Organisme « Doing Business ».

Nous pensons qu’il faut également un cadre économique rassurant, garantissant les investissements directs et les  transferts de fonds sans que cela n’influe  négativement sur la stabilité de  notre monnaie. A cet propos, la BCEAO doit opérer une reforme permettant l’ouverture des comptes en devises étrangères dans notre espace.

  Ensuite nous pensons qu’il faut rapidement entreprendre une réforme scolaire privilégiant la formation d’ouvriers qualifiés car nous en manquons énormément au Faso et ailleurs en Afrique surtout Francophone. Une formation de qualité  de nos ressources humaines pour un marché disponible sur place.

  Si ces trois conditions sont réunies, nous attirerons davantage d’investisseurs dans notre pays. Et il est possible que dans les 5 années à venir, nous soyons le pôle minier le plus important en Afrique de l’Ouest, voire de toute l’Afrique dans la production d’or. C’est pourquoi nous incitons le gouvernement et les autorités burkinabè à assainir davantage le milieu  des affaires en luttant contre la fraude et la corruption. A encourager les acteurs du secteur formel et inciter ceux de l’informel à se formaliser davantage pour une économie plus forte et plus saine.

 Vos vœux  pour l’année 2013.

Mes  vœux sont assez simples : santé pour l’ensemble des Burkinabè. Paix et développement pour mon Pays.

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Dimanche 25 décembre 2012        Agence de Presse Labor   www.laborpresse.net

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