Commentaire
Le 18 février 2026, mercredi des Cendres, a été un jour où la radio malgache EKAR Fanantenana a fait une émission sur la vie pathétique d’Alfred Diban Ki-Zerbo, précurseur du catholicisme au Burkina.
Un chrétien à qui un pape a cédé brièvement son fauteuil à Rome en raison du degré remarquable de sa spiritualité.Le dossier de béatification d’Alfred Diban Ki-Zerbo est toujours un processus en cours.

Alfred Diban Ki-Zerbo : premier chrétien et catéchiste emblématique du Burkina Faso
Résumé
Alfred Diban Ki-Zerbo (1875-1980) est reconnu comme l’une des figures fondatrices du catholicisme au Burkina Faso. Ancien esclave devenu catéchiste, il a joué un rôle déterminant dans l’évangélisation de la Haute-Volta et incarne l’engagement missionnaire et la résilience de l’Église africaine. Cet article retrace son parcours, son engagement religieux et son héritage spirituel.
1. Jeunesse et captivité
Né en 1875 dans le sud du pays Samo, Alfred Ki-Zerbo grandit dans un contexte marqué par l’esclavage. À l’âge de 17 ans, alors qu’il travaillait avec son frère dans les champs d’un oncle, les deux adolescents sont capturés par des négriers et vendus séparément, ne se retrouvant jamais. Refusant de se résigner à son destin, Alfred entreprend plusieurs tentatives d’évasion. Sa troisième tentative, en 1899, est couronnée de succès. Il attribue son évasion à l’intervention d’« une jeune fille pleine de lumière », qu’il identifie à la Vierge Marie, marquant ainsi le début d’une profonde dévotion mariale qui accompagnera toute sa vie, son chapelet ne le quittant jamais.
2. Baptême et engagement catéchistique
Recueilli par le père Augustin Hacquard, missionnaire d’Afrique et curé de la paroisse de Ségou (actuel Mali), Alfred Ki-Zerbo est baptisé en 1901, prenant le nom d’Alfred Simon. Peu après, il s’engage comme catéchiste et contribue activement à l’évangélisation du territoire correspondant aujourd’hui au Burkina Faso. Par son action, il devient un acteur clé de la diffusion de la foi catholique dans une région confrontée aux défis de l’installation de l’Église et de la transmission de la doctrine.
3. Reconnaissance et pèlerinage à Rome
En 1975, à l’occasion de son centième anniversaire, Alfred Ki-Zerbo est invité à Rome par le cardinal Paul Zoungrana, premier archevêque autochtone de Ouagadougou. Au cours de cette visite, il est reçu en audience par le pape Paul VI. En reconnaissance de sa vie consacrée à la catéchèse et à l’évangélisation, le pape lui offre symboliquement sa place sur le trône pontifical, un geste rare qui souligne son importance historique et spirituelle.
4. Dernières années et héritage
Alfred Ki-Zerbo décède en 1980 à l’âge de 105 ans. Hospitalisé, il reçoit la bénédiction du pape Jean-Paul II, alors en visite pastorale en Afrique. Selon plusieurs sources, il meurt au moment où le pape prononce la bénédiction finale à la messe célébrée à Ouagadougou le 10 mai 1980.
Son héritage perdure aujourd’hui au Burkina Faso, notamment à travers le Fonds catholique de solidarité de l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (OCADES-Caritas – Burkina), qui porte son nom. Alfred Diban Ki-Zerbo demeure une figure emblématique du catholicisme africain, symbole de résilience, de foi et de dévouement missionnaire.
Références
1. Lucie Sarr et Mohamed Ouédraogo, Grands noms de l’Église africaine, APAB.
2. Paul VI, audience avec Alfred Diban Ki-Zerbo, Archives du Vatican, 1975.
3. OCADES-Caritas Burkina, Histoire et mission, Ouagadougou, 2020.

Laborpresse.net Jeudi 19 Février 2026
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