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28/05/2020
DEPECHES
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L’opposition burkinabè s’interroge sur le rôle réel des institutions de lutte contre la corruption
Présidium de la conférence de presse de l'opposition burkinabè le 28 janvier 2020,animée par M. Augustin LOADA(à droite), Président du Mouvement Patriotique pour le Salut (MPS) ; et M. Amadou Diemdioda DICKO, Vice-Président de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC).

L’opposition burkinabè s’interroge sur le rôle réel des institutions de lutte contre la corruption

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Déclaration liminaire

Bonjour Mesdames et Messieurs les journalistes.

Nous sommes ravis de vous retrouver ce matin pour vous livrer notre lecture de l’actualité qui a marqué la semaine écoulée.
Nous sommes au 393ème jour du massacre de Yirgou. Plus d’un an après ce drame qui a coûté la vie au Chef de Yirgou, à ses proches et à 210 Peuls, justice n’a toujours pas été rendue. Nous interpellons une fois de plus la Justice, de même que le Président du Faso, garant de l’Indépendance de la Justice, à mettre tout en œuvre afin que tous les coupables de ce massacre soient poursuivis et punis à la hauteur de leur forfait.
Mesdames et Messieurs, nous voudrions vous entretenir aujourd’hui des sujets suivants :
-l’aggravation de la crise sécuritaire,
-le vote de lois à la dernière plénière de l’Assemblée nationale,
-l’enrôlement de la Diaspora sur le fichier électoral,
-la santé du Général Djibril BASSOLE,
-et le classement du Burkina Faso dans le rapport 2019 de Transparency International.

Chers journalistes,
La crise sécuritaire que connait notre pays depuis quatre ans est malheureusement en train de prendre de l’ampleur. Le 20 janvier dernier, 36 civils burkinabè ont été lâchement tués dans une attaque terroriste perpétrée dans la commune de Barsalogho, province du Sanmatenga. Ces attaques ont eu lieu précisément dans les villages de Nagraogo et de Alamou.
A cela s’ajoute le fait que, le 25 janvier dernier, un policier de garde à la Caisse populaire de Manni, dans la province de la Gnagna, a été tué par des individus armés motorisés, selon l’Agence d’information du Burkina (AIB).
L’AIB confie en outre que, plus tôt, le 23 janvier, deux enseignants de l’école de Donla, à Gayéri, ont été battus et dépouillés par des individus armés.
Cette agression, toujours selon l’AIB, a provoqué la psychose et entraîné la fermeture de plusieurs écoles à la ronde.
Aux familles des victimes de ces récentes attaques, l’Opposition politique présente ses sincères condoléances et toute sa compassion. Elle souhaite prompt rétablissement aux blessés.
Hier également, nous apprenons qu’un nombre indéfini de nos compatriotes, des dizaines selon certains(N.D.R:39 morts le 25 janvier 2020), ont été encore massacrés à Silgadji dans le Soum par des hommes non identifiés.
Pourtant, l’alerte avait été donnée sur le danger imminent que courraient les populations du village de Silgadji.
L’Opposition politique note avec amertume que, de plus en plus, les ennemis de la Nation s’en prennent aux populations civiles en masse ; Ce qui augmente le flux des déplacés internes.
Cela révèle un peu plus les ambitions des terroristes d’installer la terreur sur le territoire burkinabè.
Il appartient au Gouvernement de donner des moyens de combat nécessaires à nos Forces de défense et de sécurité, et d’organiser les Renseignements et les relais locaux pour contrer ce projet macabre.
Déjà, l’Opposition burkinabè se réjoui du lancement d’un recrutement de 2000 militaires de rang. Il faudra non seulement poursuivre ces efforts de recrutement, mais aussi s’assurer que leur formation répond aux défis vitaux de l’heure, et qu’ils seront dans des conditions optimales qui leur permettront de défendre vaillamment la patrie comme leurs devanciers.

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Lors de sa première Session extraordinaire de l’année 2020, l’Assemblée nationale a voté des lois relatives à la sécurité et aux élections, et a pris deux résolutions pour des enquêtes parlementaires.
Ainsi, la Loi sur les volontaires de la défense pour la patrie a été votée à l’unanimité. Les députés de l’Opposition ont voté pour, par patriotisme. Il convient de noter que plusieurs préoccupations de nos députés ont été prises en compte : la clarification du contrat des volontaires, leur formation, équipement et rémunération, leur démobilisation-désarmement-réinsertion (DDR).
Ceux qui reprochent à l’Opposition de ne pas proposer des solutions devraient noter, une fois de plus, que l’Opposition donne ses idées et sait taire sa désapprobation quand l’intérêt supérieur de la Nation est en jeu. C’est d’ailleurs dans ce même élan patriotique que l’Opposition contribue à enrichir toutes les lois visant de meilleures conditions de vie et de travail de nos FDS.
Lors de la session, la modification du Code électoral, a été votée à l’unanimité, conformément aux conclusions du Dialogue politique.
Il en est de même pour la Loi portant fixation de quota et modalités de positionnement des candidates ou des candidats aux élections législatives et municipales au Burkina Faso, qui a été adoptée à 120 voix pour et une abstention.
Nous félicitons l’ensemble des acteurs politiques pour le vote de ces lois qui traduit une maturité politique. Cependant, la révision du Code électoral aurait dû intervenir plus tôt, pour permettre au plus grand nombre de Burkinabè de l’Extérieur de se faire enrôler sur le fichier électoral.
A cette même Session extraordinaire, deux résolutions ont été votées : une pour une enquête parlementaire sur les sociétés de téléphonie mobile, et une autre sur les sociétés immobilières.
L’Opposition estime que ces deux enquêtes sont bonnes dans leur principe. Cependant, il faut que, pour une fois, le régime du MPP termine ce qu’il a commencé. En effet, quelles suites ont été données aux Rapports des enquêtes parlementaires sur le foncier et les titres miniers menée sous l’ancien Président de l’Assemblée nationale, feu Salif DIALLO ?
Les deux enquêtes annoncées risquent d’être de la poudre aux yeux quand on sait que ce sont les protégés du régime en place qui sèment le désordre dans la promotion immobilière, et qui se retrouvent dans certaines sociétés de téléphonie mobile.

Mesdames et Messieurs,
Au 26 janvier 2020, date de la clôture de l’enrôlement des Burkinabè de l’Extérieur sur le fichier électoral, seulement 22.858 de ces compatriotes ont pu effectivement prendre leurs cartes d’électeur. Comme nous le disions à la conférence de presse dédiée à la question, il s’agit d’un échec programmé par le Pouvoir en place. Le MPP a posé plusieurs barrières pour empêcher un vote massif de nos concitoyens de la Diaspora. Des pièces de votations aux lieux de votes en passant par le cafouillage entre l’ONI et la CENI, tout a été savamment orchestré pour en arriver à ce résultat squelettique.
L’Opposition demande que, conformément aux nouvelles dispositions du Code électoral, notamment concernant la décentralisation des lieux de vote à l’étranger, la période d’enrôlement puisse être prorogée. Il appartient à nos autorités de négocier avec les pays hôte, afin d’amener les kits vers les lieux de concentration de nos compatriotes.

Chers journalistes,
Le Général Djibrill BASSOLE, condamné dans le cadre du Putsch manqué, a encore été transféré à l’hôpital pour des soins. Sa famille, ses médecins et ses avocats insistent sur la nécessité de l’évacuer à l’extérieur pour y bénéficier de soins appropriés.
Ces derniers jours, une photo du Général, fortement amaigri, a même circulé sur les réseaux sociaux.
Suite à la gravité de la situation, plusieurs responsables de l’Opposition ont donné de la voix. Le Chef de file de l’Opposition a adressé une lettre au Président du Faso, pour lui rappeler l’urgence du cas BASSOLE, et le fait que le Dialogue politique avait pris une résolution à ce propos.
L’Opposition politique s’apprêtait à nouveau à lancer un appel au Président du Faso et à l’institution judiciaire pour qu’ils puissent, par humanisme, permettre à M. BASSOLE d’aller soigner son mal et revenir purger le restant de sa peine, lorsqu’elle a appris hier qu’il venait d’obtenir son visa pour la France en vue d’une évacuation imminente.
L’Opposition s’en réjouit et souhaite à Monsieur BASSOLE un prompt rétablissement.

Chers amis de la presse,
Le 23 janvier dernier, l’ONG Transparency International a publié son rapport 2019 sur la corruption dans le monde. L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) publié par Transparency International note les pays et territoires selon leurs niveaux perçus de corruption dans le secteur public, en s’appuyant sur 13 évaluations d’experts et des enquêtes menées auprès de chefs d’entreprises. L’indice utilise une échelle de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu).

En 2015, le Burkina Faso était classé 76e sur 167 pays avec un score de 38 sur 100.
En 2016, notre pays s’est retrouvé au 72e rang sur 176 avec un score de 42 sur 100.
En 2017, le pays est classé au 74e rang sur 180 pays avec le même score, 42 sur 100.
En 2018, il est classé au 78e rang sur 180 avec un score quasi identique, de 41 sur 100.
En 2019, le rapport de Transparency international classe le Burkina Faso à la 85ème place avec un score presque identique de 40 sur 100. Au total, entre 2016 et 2019, le régime du MPP a réussi en 4 ans de mandat présidentiel la triste performance de hisser le pays des hommes intègres de la 72e place à la 85e place dans le classement de Transparency international ; Ce qui signifie que notre pays avec un score oscillant entre 42 et 41 sur 100, est perçu comme de plus en plus corrompu.
Que font donc nos institutions chargées de lutter contre la corruption ? Ont-elles été anesthésiées par le régime en place ? Où sont donc passées les promesses d’une gouvernance vertueuse ?
En cette année électorale, l’Opposition craint que la situation s’empire et lance un appel à tous les acteurs de la lutte contre la corruption à se mobiliser pour juguler ce phénomène qui annihile les efforts de développement et de consolidation de notre fragile démocratie et nourrit les griefs des populations locales contre l’Etat central, facilitant ainsi l’infiltration de nos communautés par les groupes terroristes
En tout état de cause, pour réduire la corruption et restaurer la confiance dans la politique, Transparency International recommande, entre autres, des mesures susceptibles d’intéresser notre pays :
Renforcer les systèmes de redevabilité et promouvoir la séparation des pouvoirs ;

S’attaquer au traitement préférentiel pour assurer que les budgets et les services publics ne soient pas motivés par des relations personnelles ou orientés par des intérêts particuliers ;

Contrôler le financement politique pour éviter un excès d’argent et d’influence en politique ;

Renforcer l’intégrité électorale, prévenir et sanctionner les campagnes de désinformation ;

Donner plus de pouvoir aux citoyens et protéger les activistes, les lanceurs d’alerte et les journalistes.

Mesdames et Messieurs les journalistes, nous vous remercions pour votre constante attention. A présent, nous sommes disponibles pour répondre à vos questions.

30 Janvier 2020

 

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