Confidentiel
Les pathologies rénales prennent une proportion large et évolutive dans le monde.Le Burkina Faso enregistrait en 2923 des statistiques de 2,5 millions de cas chroniques.
Cette année, la Journée mondiale du rein commémorée le 19 mars 2026, est placée sous le thème : »
La santé rénale pour tous:prendre soin des personnes,protéger la planète »
Lors de la 78e Assemblée mondiale de la Santé, tenue en 2025, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a adopté une résolution historique visant à réduire la charge des maladies non transmissibles, en promouvant la santé rénale et en renforçant la prévention ainsi que le contrôle des maladies rénales. C’était la première fois que la santé rénale figure parmi les priorités de l’agenda mondial de la santé, précise le ministre burkinabè de la santé Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU.
En effet, l’insuffisance rénale chronique est un problème de santé publique au niveau mondial. Selon l’OMS, un adulte sur dix souffre d’une affection rénale, ce qui équivaut à près de 850 millions de personnes dans le monde. Parmi elles, environ 674 millions de personnes vivent avec une maladie rénale chronique, soit 9% de la population mondiale. Les maladies rénales occupaient la 17e cause de décès en 1990, la 10e en 2019, et si rien n’est fait, elles pourraient devenir la 5e cause de décès dans le monde en 2050.
En Afrique, leur ampleur réelle reste mal connue, faute de registres nationaux. Toutefois, la prévalence des maladies rénales en Afrique subsaharienne est estimée entre 11 à 13%. Selon les projections, les maladies rénales pourraient devenir la cinquième cause de mortalité en Afrique d’ici 2040, touchant majoritairement des personnes relativement jeunes, contrairement aux pays développés où elles affectent surtout les personnes âgées.
La situation au Burkina Faso
Au Burkina Faso, en 2023, on estimait à 2,5 millions le nombre de personnes atteintes de maladie rénale chronique, dont la plupart ignorent encore leur état. Dans de nombreux cas, le diagnostic intervient à un stade avancé, lorsque la dialyse devient nécessaire. En milieu hospitalier, plus du tiers des patients sont en phase terminale, avec l’hémodialyse comme seule alternative thérapeutique disponible. En 2024, l’insuffisance rénale chronique a été responsable de 1301 décès, représentant la 8e cause de mortalité dans le pays.
Les principales causes de l’insuffisance rénale chronique sont le diabète et l’hypertension artérielle. On estime qu’environ 30 à 40% des personnes atteintes de diabète développent une maladie rénale chronique.
L’hypertension constitue quant à elle la 2e cause d’insuffisance rénale chronique dans le monde après le diabète. Ces deux maladies provoquent des lésions des petites artères et des glomérules rénaux, entraînant une altération progressive de la fonction rénale. Au Burkina Faso, les enquêtes nationales sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles (STEPS) montrent une progression préoccupante de ces pathologies. Entre 2013 et 2021, la prévalence de l’hypertension artérielle est passée de 17,6 à 18,2%, tandis que celle du diabète est passée de 4,9 à 7,6%.
Un diagnostic précoce et un contrôle rigoureux de ces maladies sont essentiels pour ralentir l’évolution vers les maladies rénales chroniques.

Actions gouvernementales
Face à cette situation, le Gouvernement a engagé plusieurs initiatives structurantes.
Le Ministère de la Santé a notamment élaboré
Un plan stratégique intégré de la lutte contre les maladies non transmissibles 2024-2028
axé sur la prévention, la sensibilisation, le dépistage précoce et la prise en charge adaptée. En outre, le pays dispose de sept centres d’hémodialyse fonctionnels dans les hôpitaux publics, notamment au :
👉🏿 CHU Yalgado Ouédraogo,
👉🏿 CHU de Bogodogo,
👉🏿 CHU de Tengandogo,
👉🏿 CHU Sanou Sourou,
👉🏿 CHRU de Ouahigouya,
👉🏿 CHR de Tenkodogo,
👉🏿 CHR de Gaoua).
Cinq nouveaux centres d’hémodialyse sont également prévus pour 2026 dans les hôpitaux suivants :
📍CHU de Pala,
📍CHRU de Fada N’Gourma,
📍CHR de Dédougou,
📍 CHR de Dori,
📍 CHR de Banfora.
Afin d’améliorer l’accessibilité financière aux soins, le Gouvernement a également décidé, le 13 mars 2024, de réduire significativement le coût de la dialyse dans les hôpitaux publics. Ainsi, le coût d’une séance de dialyse est passée de 15 000 FCFA à 2500FCFA et la caution de 500 000 FCFA auparavant exigée pour accéder à la dialyse a été supprimée.

Transplantation rénale
Le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans le domaine de la médecine avec la réalisation de sa première transplantation rénale le 29 juillet 2025 au CHU de Tengandogo. En février 2026, une deuxième série de transplantations rénales a été réalisée avec succès chez deux nouveaux patients. Ces interventions ont été réalisées par une équipe de médecins Burkinabè, en collaboration avec des spécialistes turcs. Ces interventions témoignent de la progression du programme national de transplantation et du renforcement des capacités des équipes médicales nationales.
Laborpresse.net Dimanche 22 mars 2026
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