Suite à des querelles intestines qui bloquaient le fonctionnement de 6 communes,le gouvernement burkinabè a décidé de leur dissolution pour une reprise des municipales .Le scrutin qui s'est déroulé le 23 février 2014 a enregistré un taux de participation de 60,85%.Cette épidémie des querelles intestines dans des communes a encore entraîné la reprise des municipales de 2016 le 28 mai 2017 dans 19 communes.(photo d'archives)

Velléités de report des élections de novembre 2020 au Burkina Faso : à qui profite le crime ?

EDITORIAL

Il est souvent dit en adage, que le Burkina Faso fait figure d’une savane où il s’avère difficile de se cacher. Un dicton qui sied bien pour dépeindre les mains qui tirent les ficelles de la polémique sur le report ou non, des élections présidentielles et législatives couplées du 22 novembre 2020 au Burkina.

Au début, était l’argument d’une nécessité de report de ces élections à cause du terrorisme endémique dans certaines régions du pays. Tout l’argumentaire développé autour de cette hypothèse,  semblait un château de sable qui s’écroule aisément. En effet, attendre la fin du terrorisme pour aller aux élections, constitue une forme de capitulation qui conforterait les terroristes dans leur visée de partition du territoire et de fragilisation du pouvoir d’Etat. Le terrorisme n’a pas empêché les Maliens d’aller aux urnes en mars 2020, pour le choix des représentants de son peuple.

La seconde flèche dans le carquois des partisans du report des élections au Burkina, semble la panacée toute trouvée du coronavirus. Un autre prétexte qui ne tient pas la route. Pourquoi des politiciens burkinabè, passés maîtres dans l’art du mimétisme, ne s’inspirent pas de la tenue d’élections en France et au Mali durant les périodes de confinement dictées par le Covid 19 ?

Certes, des risques réels existent  dans les campagnes électorales avec des actions criminelles imprévisibles de terroristes embusqués. L’enlèvement du Chef de file l’opposition politique malienne, SoumailaCissé,par des hommes armés, fait jurisprudence. Le terrorisme et le coronavirus sont des fléaux contemporains dont on ne connait pas la fin. Les activités humaines doivent se poursuivre dans ces contextes en adoptant des mesures d’endiguement pour mieux y faire face. Le Bénin par exemple, opte de passer en mode de campagne électorale dans les médias et réseaux sociaux. Dans le contexte de covid 19 et de terrorisme, ce type de campagne électorale s’avère une innovation pertinente d’actualité, qu’il convient d’implémenter partout où besoin est.

Au Burkina Faso, recours a été fait à partir de Mai 2020,  à l’enseignement via les médias, dans l’optique du parachèvement des programmes académiques pour élèves en classes d’examen. Une mesure pour faire face aux écoles fermées pour terrorisme et covid 19.Alors, pourquoi ne pas privilégier une telle option dans les campagnes électorales qui, depuis longtemps,  bénéficient de ces supports médiatiques pour passer leur message de sensibilisation, de mobilisation électorale ?

Anguille sous roche

Il y a véritablement anguille sous roche avec les positions des partisans du report des élections du 22 novembre 2020 au Burkina. On constate,  que  des politiciens tiennent souvent un double langage, quand ils éprouvent des difficultés à faire passer un projet dans la société. Ils prennent officiellement une positionen public, et défendent le contraire sournoisement par personnes ou associations de la société civile interposées. L’opposition tout comme la majorité, disposent de ses réseaux d’associations dites apolitiques, mais foncièrement politisées. Pour savoir à qui profite le crime d’un éventuel report des élections de 2020 au Burkina, deux hypothèses peuvent être émises.

D’une part, celle de la peur d’une débâcle électorale du pouvoir,  qui voudrait ainsi tenter d’obtenir des prolongations dans la gestion des affaires publiques, par des arguties juridiques à homologuer. Si l’on prolonge les mandats des députés et du Chef de l’Etat d’un(01) an à cause du terrorisme et covid 19, que faire si au terme de ce délai,  le terrorisme et le covid 19 ne sont pas vaincus ? Ira-t-on de prolongations en prolongations ? Conséquence, une instabilité socio-politique difficile à gérer.

D’autre part, à supposer que ce soit une certaine opposition,  qui véhicule l’idée du report des élections, dans l’optique de créer des vides juridiques et des situations d’illégitimités électorales, afin d’avoir des conditions propices de faire chuter le pouvoir, c’est une stratégie diabolique. Même conséquence, une instabilité socio-politique difficile à gérer.

Aucun argument sérieux n’existe pour le moment,  pour le report des élections du 22 novembre 2020.Toutes les velléités frisent des calculs politiciens erronés, qui ne feront que plonger le pays dans une instabilité périlleuse inutile.

Laborpresse.net       16 Mai 2020

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One comment

  1. Je ne suis pas de votre avis. D’abord, avec la Constitution d’Halidou Ouédraogo, nous sommes foutus. Avec la loi chérif il y a des exclus. Sans la réconciliation le terrorisme prospérera. Ensuite sans le dialogue social, le pays s’enlisera davantage dans le chaos. Et aujourd’hui avec les bi-céphalisme et bientôt le tri-céphalisme ou peut-être le poly-céphalisme des chefs coutumiers qui refusent un statut au profit des créations des partis politiques, ce serait l’anarchie totale et leur dissolution annoncée. Devinez le reste…

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